Salut,
Voilà sa nécro parue en 1900 dans la Revue d'Artillerie :
"M. LE GÉNÉRAL DE DIVISION TRICOCHE.
Le général de division en retraite Tricoche, grand officier de la Légion d'honneur, ancien directeur de l'artillerie au ministère de la guerre, est décédé le 27 mai dernier à Plainpalais, près Genève, après une très courte maladie.
Né à Châteauroux, le 9 janvier 1824, Tricoche (Jean-Victor-Alfred) entre à l'École polytechnique en 1843 et débute en 1847 comme lieutenant en 2e au 15e régiment d'artillerie (pontonniers), d'où il passe bientôt au 5e.
En 1849, il est envoyé en Italie et prend part au siège de Rome, où il est grièvement blessé. Chevalier de la Légion d'honneur en 1852 et capitaine en 1853, il est adjoint à la direction de Constantine et commande en 1854 l'artillerie de la colonne qui occupe Touggourt.
Classé en 1855 au régiment d'artillerie à pied de la garde impériale, il est envoyé à l'armée d'Orient et assiste au siège de Sébastopol. A sa rentrée en France, il est désigné pour remplir les fonctions d'aide de camp auprès du général de Veulins et conserve ces fonctions jusqu'à sa promotion au grade de chef d'escadron en 1864.
La guerre de 1870 le trouve major au régiment monté de la garde.
Après nos premiers revers, il est envoyé à Bourges, où il organise un groupe de batteries avec lequel il prend part à la bataille de Coulmiers ainsi qu'aux divers combats livrés par l'armée de la Loire ; promu lieutenant-colonel en novembre, il passe avec le 15e corps à l'armée de l'Est dont il contribue puissamment à couvrir la retraite après la bataille d'Héricourt. Il est alors interné en Suisse et reste en mission dans ce pays jusqu'à la fin de 1871, pour présider au retour en France de notre matériel de guerre.
Au mois d'octobre 1873, il est chargé de présider à la formation du 38e régiment d'artillerie et il s'acquitte de cette lourde tâche avec tant de succès que, peu de temps après, il est maintenu comme colonel à la tête du régiment qu'il vient de créer. La manière brillante dont il continue à exercer ce commandement avec autant de fermeté que de bienveillance, la façon essentiellement pratique dont il dirige l'instruction dans le sens exclusif de la préparation à la guerre, lui valent en 1880 les étoiles de général de brigade.
Après avoir commandé quelque temps l'artillerie du 6e corps, puis l'École d'application, le général Tricoche est appelé en 1881 à la Direction de l'artillerie au ministère de la guerre. Il trouve dans ce poste l'occasion de déployer à nouveau son infatigable activité et ses qualités d'organisateur. C'est lui en effet qui prépare et fait accepter la création de l'artillerie do forteresse et celle de l'École des sous-officiers de l'artillerie et du génie.
Général de division en 1883 et inspecteur général de l'artillerie de forteresse, il est ensuite placé à la tête de la 15e division d'infanterie, dont il conserve le commandement jusqu'à son passage au cadre de réserve en 1889.
A partir de ce moment, aussi bien pendant son séjour au Parlement que pendant les loisirs de la retraite, il n'a pas cessé un instant de se consacrer à l'étude des questions militaires qui avaient été la préoccupation de toute sa vie et l'on peut dire qu'il s'en est occupé jusqu'à son dernier jour.
Doué d'une intelligence supérieure, le général Tricoche devait à sa puissance de travail, à son coup d'oeil, à sa bienveillance toujours en éveil une grande autorité sur le personnel sous ses ordres. Il laissera le souvenir d'un officier remarquable et d'un organisateur dont l'œuvre a exercé une profonde influence sur les destinées de l'artillerie."
Cdlt,
Jérôme